Texte Libre

 

Mardi 4 décembre 2007

Combien est triste la plume du poète
Qui gémit sur son sort
Ô coeur soupirant malgré la nature en fête,
Laisseras-tu encore
Sombrer sans espoir un pauvre poète
Dans cette atroce mort
De l’indifférence où le temps nous jette ?

Le fleuve du printemps roule pourtant ses eaux,
Et dame nature
Au sortir du long hiver prépare bientôt
Les charmes futurs
Qu’elle dévoilera lentement au yeux mi-clos
Du poète trop pur
Et qui le guériront enfin de tous ses maux.

Emportée par le flot mon âme s’abandonne
Au gré du renouveau
Adieu l’hiver et ses soupirs monotones
Adieu tous ces sanglots
Les misères et ces maux qui couronnent
Le blanc manteau
Que l’hiver déploie sur la nature morne.

IMG-5437.JPG
Combien est triste ta plume du poète
Qui gémit sur son sort.
Mais combien est belle la nature en fête
Illuminée par l’or
Du soleil dardant ses rayons sur la planète
Qui renait encore
À cette caresse, mais nul ne s’en inquiète
Yves Le Guem

par rima publié dans : poèmes.
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Samedi 26 mai 2007

Enfants

Notre Dame de Gourette

 

Enfants

 

Enfants du Port de Tanger

Nés dans le parfum des Fleurs d’orangers

Qui « Brûlent » la vie,

Sous les colonnes d’Hercule,

Afin d’éviter la misère,

Et faire comme leurs Frères.

 

 

Pauvres des plus pauvres,

Petits des plus petits,

Démunis des plus démunis,

Je ne ferme pas mes yeux la nuit,

Sans vous caresser le front.

Je viens, dans votre sommeil,

Laver vos pieds brûlés de mes larmes salées,

Et vous demander pardon :

De ce que le monde vous porte de tant d’indifférence.

Je demande votre indulgence.

De ces lits de pierres,

De ces chagrins amers,

De vos ventres creux et ronds,

De vos petits cœurs serrés à ne plus respirer,

De ces pentes ardues et de tous ces déserts

Que vous traversez au cœur de l’innocence sacrée.

 

 

Enfants du Darfour

Roses du désert,

Quand vos ventres affamés se rongent,

Même dans vos songes,

Que vos lèvres déshydratées se collent,

Et que vos cris se murent,

Dans vos corps épuisés.

Le silence s’exhale,

Plus rien ne sort de vos bouches,

Sinon les mouches qui dévorent.

Ce qui de vous,

Reste vivant.

 

 

Pauvres des plus pauvres,

Petits des plus petits,

Démunis des plus démunis,

Je ne ferme pas les yeux la nuit,

Sans rafraîchir vos fronts, de mes larmes salées,

Et requiers votre pardon,

De ce que le monde vous porte de tant d’indifférence.

Je demande votre indulgence :

Pour la terre stérile,

Pour la guerre des hommes.

Pour l’absence de mon eau,

Que les haines scellées

Ont fait oublier de capter.

De l’ombre de la mort,

Dont vous êtes la proie,

Et qui vous guette,

Satisfaite,

Au jour de vos yeux éclos,

Et les clôt, sans foi

A mon grand désarroi.

 

 

Enfants de Manille et d’Afrique…

Fleurs de mes tropiques,

Vendus pour leur chair,

Avec l’accord de leur pères.

Quand vos ventres torturés se tordent,

Que votre intimité est souillée,

Que vos âmes se sentent abandonnées,

J’ai envie de hurler.

Pauvres des plus pauvres,

Petits des plus petits,

Démunis des plus démunis,

Je ne ferme pas mes yeux la nuit,

Sans recouvrir vos corps d’or et de lumière,

Apaiser vos sanglots,

Lénifier vos plaies,

Des mots de mes prières.

Qu’on me donne la force

De lutter contre les portes closes

Devant des tombeaux,

Les lambeaux de vos chairs.

Je vous demande infiniment pardon

De ce que le monde vous porte de tant d’indifférence.

A genoux,

Je quémande votre indulgence,

Des coups portés sur vos bras,

Des mariages forcés,

Du commerce que vous représentez,

Du crime et du viol de votre transparence.

Mon cœur est arraché.

 

 

Enfants des Favelas, de Moscou à Bogota…

Fleurs d’Aloé Vera,

Sous les trottoirs retranchés,

Dans le froid des cœurs

Chassés comme des rats,

Au fusil, à l’artillerie,

Jetés dans les poubelles

A la pelle.

Qui vous a donné l’ « arme [1]»,

Avec laquelle on vous a assassinés ?

Enfants d’Inde, de Chine et du Pakistan…

Fleurs de Lotus et de Pavot

Lorsqu’il fait si chaud,

Dans vos ateliers les yeux usés,

Sans commencement ni fin,

Que vos petits doigts agiles et feutrés,

Se figent,

Et que vos yeux se gonflent et vous plongent dans les songes,

Réveillés par le fouet, vous êtes maltraités.

Enfants des pays de l’Est et de l’Orient

Fleurs des semailles et des moissons

Quand de vos corps on extrait,

La matière de votre chair « viviséquée »

Pour négocier sur les marchés.

Se peut il qu’on ignore

L’âme que Dieu vous a donné

Et que vous êtes de toutes ses créations

La plus sacrée?

Enfants de France,

Fleurs de liberté, d’égalité, de fraternité

Dans un placard caché

La lèvre fendue,

Le corps meurtri, violé, brûlé, battu

Exterminé

Par ignorance et cruauté

Dans un canal ou un fossé.

 

 

Pauvres des plus pauvres

Petits des plus petits,

Démunis des plus démunis

Je lève les yeux vers le ciel

Et contemple la Voie Lactée,

Chacun de vous est une étoile à qui j’envoie un baiser,

Sachez du fond de vos misères,

Que je ne ferme pas les yeux la nuit sans venir vous border,

Laver vos corps souillés,

Adoucir vos peurs,

Inhaler dans vos âmes,

Le sens de l’Espérance.

J’entends vos voix qui montent,

Du fonds des mines,

Des radeaux de papiers,

De Morfondé[2] (2)

Depuis les ghettos, les caravanes et les châteaux.

Je recueille en silence, désespérée,

Le cri strident de vos chants,

Jusqu’à l’agonie.

Mes larmes de sel sont devenues de sang.

Je les adresse au monde entier

 

Claude Chatron-Colliet©2007

 

Texte protégé SGDL France

 Allez voir son blog ,de très beaux textes  et poèmes..

http://leseauxvives.blogspirit.com/ 

par rima publié dans : poèmes.
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